Si quelqu'un peut s'attaquer à un ce monument de Billie Holiday qu'est Strange Fruit, c'est bien la grande Cassandra Wilson. Cette reprise est d'autant plus appropriée quand on connait le climat social qui afflige présentement nos voisins du sud. Et puisqu'on ne peut faire mieux qu'une icône, Cassandra imprime judicieusement à ce classique sa touche très personnelle. Les autres morceaux de ce nouvel album, Coming Forth by Day, sont à l'avenant. Impeccable!
lundi 13 avril 2015
Cassandra Wilson - Strange Fruit
mercredi 11 mars 2015
Gil Scott-Heron - Gun
Michael Brown à Ferguson l'an dernier, Atlanta hier. La liste n'en finit plus.
Gil Scott-Heron était un visionnaire.
Freedom to be afraid is all you've won
Yes if you don't want to be next
You've got a family to protect
9 out of 10, you've got a friend, you've got a gun.
Yeah 'cause when it's time to shine up
You know damn well they're gonna line up
Everybody...
And the philosophy seem to be
At least as near as I can see
When other folks give up theirs, I'll give up mine."
mercredi 19 février 2014
Les Parapluies de Cherbourg, 50 ans déjà
Il y a 50 ans aujourd'hui, paraissait sur les écrans français le film ''Les Parapluies de Cherbourg". Réalisé par Jacques Demy, porté par la musique de Michel Legrand, le film fut tourné à l'automne 1963. Récompensé par une Palme d'or au festival de Cannes de 1964, le film musical offre son premier grand rôle à Catherine Deneuve, et va lancer définitivement sa carrière. Catherine Deneuve était doublée pour le chant par Danielle Licari. Une œuvre intemporelle.
mardi 21 janvier 2014
Emilie-Claire Barlow seule ce soir
Seule ce soir, le neuvième album d’Emilie-Claire Barlow, constitue un hommage au public québécois. Un public qui, depuis toujours, et plus que tout autre, l’accueille à bras ouverts. «Les gens sont si chaleureux, si généreux! Certes, ailleurs dans le monde, les spectateurs sont toujours très aimables, mais il y a quelque chose de différent ici. Il y a un réel enthousiasme; une vraie passion pour la musique et pour la culture. Chaque fois que je suis montée sur scène chez vous, j’ai tout de suite ressenti une bouffée d’émotion, d’amour. Et quand le public m’en donne autant, immédiatement, je tente de le leur rendre. Ça devient un véritable échange, une communion, une expérience unique.»
Emilie-Claire Barlow sera en tournée au Québec à compter du 23 janvier. Consultez la grille horaire ici pour connaître les villes que la chanteuse visitera au cours des prochains mois.
vendredi 17 janvier 2014
Festival International de Jazz de Port-au-Prince 2014
Du 17 au 25 janvier prochain se tiendra la 8e édition du Festival International de Jazz de Port-au-Prince à Haïti. Lionel Loueke, Daniel Mille, Daniel Schenker, Agustin Moya, Willerm Delisfort, Bwa Kore, Claude Carré, Darline Desca, Ex-Key, Hiram Gomez, James Germain, Jochen Ruckert, Josué Alexis, MeloJazz, Michaelle Cartwright, Mushy Widmaier, Nadege Tippenhaur, Pascale Mohy, Reginald Policard, Sandra N'Kake, Soul Rebels, Stromboli Trio, Swing Brosse et plusieurs autres artistes seront sur place. Une occasion unique de faire de belles découvertes. Consultez la grille horaire.
Daniel Mille, présent au Festival International de Jazz de Port-au-Prince, est un compositeur - interprète et accordéoniste épris de versatilité. Sa carrière est jalonnée aussi bien de musiques de films que de compositions pour le théâtre et de plusieurs CDs, dont le dernier a pour titre "L'Attente" et date de 2009.
Le poème "Je ne voudrais pas crever" de Boris Vian, déclamé par Jean-Louis Trintignant, fut enregistré au studio La Buissonne dans le Vaucluse face à un public restreint de privilégiés. Trintignant est accompagné par l'accordéoniste Daniel Mille, qui signe les arrangements et la direction musicale, et par le violoncelliste Grégoire Korniluk. À vous remuer les tripes!
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mercredi 15 janvier 2014
Trombone Shorty à Toronto
Sur sa troisième parution pour Verve Records, Troy " Trombone Shorty " Andrews pousse plus loin l'enveloppe stylistique avec son son puissant mix de jazz, de rock'n' roll , de funk et de hip hop. Son album Say That To Say This, co- produit par Raphael Saadiq , ne ressemble à rien d'autre, alors qu'Andrews et sa bande de longue date, Orleans Avenue, le guitariste Pete Murano, le bassiste Mike Ballard et le batteur Joey Peebles, continuent leur évolution musicale. On y retrouve le classique de 1977 des légendaires Meters, Be My Lady, avec Andrews au chant et au trombonne. Le single Fire And Brimstone, de son côté, repose sur un beat hip hop "old school", aux dires d'Andrews, qui suinte le voodoo des marais humides...
Trombone Shorty se produira avec son groupe Orleans Avenue au Phoenix Concert Theatre de Toronto le jeudi 16 janvier à 21h00.
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Jean Francois
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mardi 20 mars 2012
C'est le printemps!
Ah! Ça sent bon le printemps! Mister Frisson, il est enfin sorti de sa tanière après avoir hiberné cet hiver. Ben alors, d'où croyez-vous que vient ce nom de Jazz Frisson? Bon! Allons aux champs!... chants? Que du bonheur! Suavité et sensualité réunis, la classe quoi... Ahhhh! C'est si joli, on voudrait la croquer... L'original, toujours aussi frais, intemporel... La vie est belle, non? Sauf que maintenant que le temps chaud est revenu, ce joli petit lièvre que j'apercevais gambader régulièrement autour de ma maison cet hiver se fera plus rare. À moins que je me procure une flûte enchantée? Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
Jazz Frisson
jeudi 15 mars 2012
Jens Thomas, A tribute to AC-DC
Alors, maintenant que j'ai capté votre attention avec cette fabuleuse pochette, qui est Jens Thomas? Pianiste allemand, il connait le succès au début des années 2000 en interprétant de façon originale la musique d'Ennio Morricone sur l'album You Can´t Keep A Good Cowboy Down, au côté de Paolo Fresu. Son deuxième album, Shadows In The Rain, dans lequel il interprète des succès de Sting, le lance définitivement en Europe. Puis, pendant huit ans, il travaille au théâtre, improvisant au piano pour la production d'Othello au Munich Kammerspielen. C'est durant cette période qu'il découvre sa voix. "Comme tous les pianistes, dit-il, j'ai toujours chanté dans ma tête, mais la force émotionnelle du théâtre a poussé ma voix à s'extérioriser." Thomas développe ainsi son style qui combine le falsetto et de puissantes sonorités basses. Début 2012, lancement de son nouvel album Speed of Grace, A tribute to AC/DC sur étiquette ACT. On peut qualifier Speed of Grace d'album pour trio: piano, voix et trompette. Le trompettiste finlandais Verneri Pohjola ajoute ici une touche lyrique qui s'harmonise parfaitement avec la voix de Thomas. Une pièce d'anthologie rock telle que Highway To Hell, prend ici une saveur mélancolique presque fragile qui nous force ici à remettre en question nos repères établis. Par contre, sur la pièce Night Prowler, le piano se fait lourd, à la fois menaçant et rythmé. On s'y sent moins déstabilisé, bien que toujours un peu décalé. Le trompettiste Pohjola donne une teinte parfois "New Orleans" à certains morceaux, tel que sur The Jack, ce qui ne manque pas d'humour non plus. Malgré tout, la sonorité d'ensemble est résolument moderne et toujours surprenante. J'y suis revenu souvent ces dernières semaines, signe qu'il ne s'agit pas d'un simple effet de mode. Finalement, il y a peut-être plus à découvrir dans la musique du groupe AC/DC que l'insouciance frivole des rockeurs australiens ne porte à croire. Force est d'admettre que la relecture de Jens Thomas est hautement probante. Et cette pochette, ma foi, qu'on aime ou qu'on déteste, c'est un coup de génie! Je vous recommande chaudement cet album! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone.
Critique CD
lundi 14 février 2011
Ho capito che ti amo
Ornella Vanoni, qui chante Ho capito che ti amo, accompagnée de Gerry Mulligan. Ornella Vanoni est une chanteuse et actrice italienne, originaire de Milan. Dans les années 1970 commence une amitié artistique avec Vinicius de Moraes et Toquinho qui donnera naissance au LP La voglia, la pazzia, l'incoscienza e l'allegria en 1976. Ce sont ensuite au cours des années 1980 les LP Ricetta di donna, Ti lascio una canzone puis Uomini en 1983, auquel collabore le saxophoniste baryton et soprano Gerry Mulligan. Gerry Mulligan est décédé le 20 janvier 1996. La Fondation Gerry & Franca Mulligan a été établie en 2001 par Franca Mulligan pour réaliser le désir de Gerry de permettre aux jeunes musiciens moins fortunés de fréquenter les écoles de musique. La Fondation s'applique également à faire connaître la musique de Gerry Mulligan à des fins éducatives. Ce qui a donné naissance, entre autres, au Mulligan Mosaics Big Band. Une belle initiative pour perpétuer la mémoire de Gerry Mulligan. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
Jazz Fripon

vendredi 4 février 2011
Eric Legnini and The Afro Jazz Beat – The Vox
Le nouvel album du pianiste français Eric Legnini, à paraître le 3 mars prochain, s'intitule The Afro Jazz Beat, The Vox. Chaque mot compte. Le jazz, canal historique, entendez progressiste comme il y a eu un rock progressif, une « musique qui cherche et improvise au goût du jour », comme le fit en son temps Ellington, l'un des maîtres à penser d'Eric Legnini. L'afro, versant rythmique, traduisez des cadences obliques, comme celles des glorieuses années 70 de Tony Allen. Le beat, tendance esthétique, comprenez la culture du funk, du hip-hop, du sample, de la boucle, « une idée de transe entre les lignes ». « Je voulais que cela reste du jazz dans les harmonies, mais que cela soit de l'afro-beat dans sa fonction », d'ajouter Legnini. À l'image du chant de Krystle Warren, la muse afro-américaine dont la présence clair-obscur ajoute un nécessaire parfum d'ambiguïté : ses mots habitent six des onze thèmes, des chansons qui oscillent entre les teintes mélancoliques du folk et les tessitures plus soyeuses du soul. L'album s'inscrit en parfaite continuité avec la trilogie de Legnini, Trippin' , Big Boogaloo et enfin Miss Soul, dont j'ai déjà parlé dans ce billet. The Vox, c'est aussi l'aventure d'un groupe. Au centre, la fidèle paire rythmique tout terrain, Frank Agulhon aux baguettes et Thomas Bramerie à la contrebasse, renforcée par deux guitaristes, le Belge Daniel Roméo, bassiste funk et ami d'enfance de Legnini, et le Congolais Kiala Nzavotunga, compagnon de route de feu Fela et fondateur du groupe Ghetto Blaster. Et le fil d'Ariane, la voix de Krystle Warren. Quoi de plus normal pour celui qui a accompagné plus d'une fois des chanteurs de tout horizon, du hip-hop au jazz, d'Henri Salvador à Yaël Naïm, de Souleymane Diamanka à Christophe? « Avec la voix, tout devient plus clair, plus lisible. Au premier degré ». Résolument intime et fédératrice, l'empreinte artistique de Krystle Warren frappe par sa modernité. Krystle Warren est originaire de Kansas City. Elle s'installe à New York où elle enchaîne concerts et jazz sessions. Avec un caractère bien trempé et une personnalité hors du commun, elle impose sa voix particulièrement chaude et rocailleuse. Ajoutez son flow d'instinct soul et vous comprendrez vite pourquoi la demoiselle est un phénomène scénique. Krystle Warren déchaîne vite les foules aux États-Unis où elle a accessoirement tourné avec Martha Wainwright et Erykah Badu. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
Critique CD

samedi 1 janvier 2011
Mes frissons de bonheur en 2010
Le Christine Jensen Jazz Orchestra est la référence en matière de big band au Canada! Nous sommes en présence d'un orchestre de qualité internationale! On sent l'influence des grands Gil Evans et Bob Brookmeyer. C'est un orchestre qui respire, qui a de l'élan et du swing. Le Christine Jensen Jazz Orchestra, un ensemble de 18 musiciens, composé entre autres de Chet Doxas, de Joel Miller et d'Eric Hove aux saxophones, de Jean-Nicholas Trottier et de David Grott aux trombones, de Jocelyn Couture à la trompette ainsi que de Martin Auguste, de Steve Amirault et de Fraser Hollins à la section rythmique. De plus, on retrouve la remarquable trompettiste new-yorkaise Ingrid Jensen comme soliste invitée. Et je vous encourage fortement à vous procurer l'album Treelines, qui est merveilleusement bien enregistré. Aucun amateur de big band de jazz ne devrait se passer de Treelines! C'est une pure merveille!
L'album Same Girl de la chanteuse d'origine coréenne Youn Sun Nah, que Le Monde a qualifié «d'ovni enthousiasmant dans l'univers du jazz». Originalité, créativité, l'esprit du jazz personnifié. Alors, suivez mon conseil. Captez cet ovni quand il sera à votre portée. Ça vole haut!
J'aime les artistes qui osent, qui font avancer la musique. La chanteuse d'origine parisienne Claudia Solal est de cette trempe. Fille du pianiste Martial Solal, formée donc à la tradition, elle mène depuis 10 ans ses expériences, accompagnée de son noyau dur, Benjamin Moussay, aux claviers. Son dernier album est paru en avril dernier sous le sobriquet Claudia Solal Spoonbox et s'intitule Room Service. S'ajoutent à Moussay, Jean-Charles Richard (saxophones), Joe Quitzke (batterie) et Régis Huby (violons). L'improvisation musicale, résolument avant-gardiste, et puis le ton, toujours un peu décalé de Solal, font de ce Room Service une œuvre éclatée et réjouissante!
Norma Winstone, que l'on qualifie sans ambages de plus grande chanteuse de jazz britannique, nous a offert récemment un nouvel opus sous la direction de Manfred Eicher de l'étiquette ECM, l'album Stories Yet To Tell. Après avoir gagné un Grammy pour son album Distances, elle est de retour avec un recueil de thèmes qui vont du médiéval au contemporain. La clarinette basse de Klaus Gesing et le piano de Glauco Venier semblent cajoler la voix de la chanteuse. Un grand moment!
La prestation du trio de Vijay Iyer en juin 2010 au Festival de jazz de Montréal fut un des concerts les plus marquants de ma saison 2010. J'ai été emballé par la performance de son trio à la salle du Gésu, qui inaugurait la série Jazz dans la nuit! La fusion entre les membres du groupe, Stephan Crump à la contrebasse et Marcus Gilmore à la batterie est tout à fait remarquable. Un jazz hyper contemporain, aux rythmes très affirmés. À suivre!
Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. Christine Jensen, Treelines

Youn Sun Nah, Same Girl

Claudia Solal Spoonbox – Room Service

Norma Winstone, Stories Yet To Tell

Vijay Iyer Trio – Festival de Jazz de Montréal

vendredi 26 novembre 2010
Claudia Solal Spoonbox – Room Service
J'aime la poésie, j'en lis trop peu. J'aime le jazz vocal, tous mes lecteurs le savent. J'aime les créateurs qui ont le respect du texte. Je pense à Joni Mitchell, Norma Winstone ou Kurt Elling pour n'en nommer que quelques-uns. Et j'aime les artistes qui osent, qui font avancer la musique. La chanteuse d'origine parisienne Claudia Solal est de cette trempe. Fille du pianiste Martial Solal, formée donc à la tradition, elle mène depuis 10 ans ses expériences, accompagnée de son noyau dur, Benjamin Moussay, aux claviers. Ce dernier formait duo avec elle sur son album Porridge Days, paru en 2005, et dont je vous disais déjà le plus grand bien dans ce billet. Son dernier album est paru en avril dernier sous le sobriquet Claudia Solal Spoonbox et s'intitule Room Service. S'ajoutent à Moussay, Jean-Charles Richard (saxophones), Joe Quitzke (batterie) et Régis Huby (violons).
Claudia Solal, qui compose la plupart des paroles, invente et trifouille des histoires farfelues et éberluées. Comme ce Double Rabbit, hôtel étrange d'où l'on s'éveille de la chambre 46 avec une tête de calmars vivants et une affreuse tétine sur la joue! C'est Alice au Pays des Merveilles, mais revu par un Tim Burton en folie! Et les poèmes d'Emily Dickinson, repris par Solal dans quelques chansons, ne font qu'ajouter à l'atmosphère victorienne et délicieusement angoissante. L'improvisation musicale, résolument avant-gardiste, et puis le ton, toujours un peu décalé de Solal, font de ce Room Service une œuvre éclatée et réjouissante. Écoutez des extraits musicaux de Room Service de Claudia Solal Spoonbox en cliquant sur le Lecteur MySpace de Claudia Solal Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
Critique CD
The sky is low
The sky is low, the clouds are mean,
A travelling flake of snow
Across a barn or through a rut
Debates if it will go.
A narrow wind complains all day
How some one treated him;
Nature, like us, is sometimes caught
Without her diadem.
Emily Dickinson
samedi 20 novembre 2010
Norma Winstone raconte des histoires
Norma Winstone, que l'on qualifie sans ambages de plus grande chanteuse de jazz britannique, nous a offert récemment un nouvel opus sous la direction de Manfred Eicher de l'étiquette ECM, l'album Stories Yet To Tell. Après avoir gagné un Grammy pour son album Distances, une délicieuse rêverie que Jazz Frisson vous présentait dans ce billet, elle est de retour avec un recueil de thèmes qui vont du médiéval au contemporain. La clarinette basse de Klaus Gesing et le piano de Glauco Venier semblent cajoler la voix de la chanteuse, le tout produit et enregistré par Manfred Eicher à Udine en 2009. Le trio s'abreuve à des références multiples, tantôt s'inspirant d'une chanson de troubadour du XIIIe siècle ou d'une berceuse arménienne, puis interprétant des thèmes de Wayne Shorter puis de Maria Schneider. Mais peu importe la matière, les trois musiciens la transforment, composant eux-mêmes la majeure partie des arrangements tandis que Norma signe la plupart des textes des chansons. Norma Winstone est une musicienne de haut niveau dont l'expression artistique et la vision sont uniques dans le monde parfois stéréotypé du jazz vocal contemporain. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
Critique CD
lundi 8 novembre 2010
Carmen Souza – Protegid
Voici ma portion de vitamines pour combattre la grisaille hivernale qui s'installe doucement chez nous! Le dernier album de Carmen Souza, Protegid, paru l'été dernier sur étiquette Galilelo Music est une boisson énergétique qui mêle les multiples épices africaines et les parfums sensuels du Cap-Vert à la tradition portugaise. La chanteuse Carmen Souza est née à Lisbonne et habite maintenant à Londres. Ses parents sont originaires du Cap Vert et elle chante d'ailleurs en créole, le dialecte des îles, ainsi qu'en portugais. Sur Protegid, Souza crée des liens entre les musiques latine, africaine, arabe et le jazz. Le bassiste Théo Pas'Cal est responsable ici de l'enveloppe musicale. La grande richesse de l'instrumentation et les arrangements surprenants font de Protegid une continuelle surprise sonore. La pièce de résistance est sans doute Song for My Father de Horace Silver, lui-même originaire du Cap-Vert, reprise et transformée ici par Souza. Portée par la voix sensuelle de Souza, qui s'accompagne ici au Fender Rhodes, la pièce prend une allure presque mythique. Et après avoir entendu la version de Sodade, murmurée et caressée par Souza, vous ne pourrez sans doute plus jamais écouter l'original de Cesaria de la même façon. Carmen Souza, c'est une pincée de Billie Holiday, un soupçon de Nina Simone et un côté rebelle à la Mina Agossi. Énergisante! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
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mercredi 27 octobre 2010
Mina Agossi – Just Like a Lady
Mina! Jimi! Quel frisson! Voici mon frisson de bonheur, Mina Agossi et son album Just Like a Lady. Tout comme la chanteuse Youn Sun Nah dont je vous parlais dans ce billet, Mina est une artiste atypique, en constante évolution, jamais là où on l'attend. Pour Mina Agossi, "le jazz doit bousculer les tabous et ce qui est institutionnalisé. Miles Davis, aujourd'hui, s'étonnerait s'il voyait tout le monde imiter son style!" Il y longtemps que je m'intéresse au parcours de Mina. J'en avais d'ailleurs déjà parlé dans ce billet. Pour ce nouveau disque Just Like a Lady, son neuvième, Mina Agossi a décidé de rompre avec les quinze dernières années et avec la formule voix/contrebasse/batterie qui avait fait sa réputation. Elle a voulu montrer toutes les autres facettes de sa personnalité musicale, rock, chanson, électro, sans mettre de côté le jazz. D'où l'addition du guitariste et claviériste Phil Reptil, également responsable des arrangements. Au final, des morceaux comme There's a Lull in My Life de Chet Baker, reprise avec les steel drums d'Andy Narell. Une version teintée d'humour de When The Saints Go Marching In. De jolies compositions de Mina, tel ce J'aimerais tant. Et bien entendu, une reprise de Jimi Hendrix, Burning of the Midnight Lamp, parce que Mina lui rendra hommage sur chacun de ses albums. "J'ai toujours considéré que la pop des années 70, le rock psychédélique ou le travail de Jimi, étaient du jazz: tout est cohérent" avoue Mina. Quand on a compris cela, on a un peu mieux cerné Mina. Écouter Mina, c'est comme se lancer en "base jumping": imprévisible, à couper le souffle, sauvage, libre… Mina. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. -500.jpg)
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dimanche 20 juin 2010
Souvenirs de Rio
L'été annonce les festivals en tout genre. Un nombre incalculable de festivals de jazz, bien sûr, mais aussi, de l'humour, de la fraise, du cochon et de la poutine! Pour ma part, l'été j'écoute léger et donc la Bossa Nova me caresse souvent de ses douces mélodies. Petit retour en arrière.
Évidemment, quand on pense Bossa Nova, on entend immédiatement Astrud Gilberto, l'icône qui a cristallisé l'image de la Bossa Nova aux yeux du monde. Ici avec Stan Getz en 1964. On le sait, au début des années 60, la vague a été immense, incontournable! Mais elle n'a pas engendré que des sous-produits, loin de là. À preuve, Cannonball Adderley et son groupe en 1962 à l'émission de télé Jazz Scene, avec la pièce Bossa Nova Nemo, une composition renommée par la suite Jive Samba. Cannonball Adderley – sax alto
Nat Adderley - trompette
Yusef Lateef – sax tenor, flûte
Joe Zawinul - piano
Sam Jones - contrebasse
Louis Hayes - batterie C'est aujourd'hui la publication de la note trimestrielle de notre groupe de blogueurs, le "Z-Band". Seuls deux collègues ayant répondu à l'appel, je vous renvois à leurs billets respectifs au sujet de Michel Portal. Et hop! En voici un troisième qui a décidé de vous propser la musique ensoleillée de Rio! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone.
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lundi 19 avril 2010
The Beach Boys, Barney Kessel et Julie London
Après Wes Montgomery, Kenny Burrell et Grant Green, on poursuit avec le guitariste de jazz américain Barney Kessel. Qu'a en commun celui-ci avec les Beach Boys? Écoutez l'intro de la chanson Wouldn't It Be Nice de l'album Pet Sounds des Beach Boys, paru en 1966. Dans les années 60, Kessel était considéré comme l'un des meilleurs guitaristes de studio aux États-Unis (séances « pop », musiques de film…). À ce titre, il a joué sur des centaines d'albums pop de Phil Spector, des Monkees, des Beach Boys et plusieurs autres. Kessel utilisait parfois une guitare faite sur mesure, consistant essentiellement en un manche de guitare à 12 cordes rattachée à la caisse de résonance d'une mandoline. C'est l'instrument avec lequel il joue sur l'intro de Wouldn't It Be Nice. Wikipedia nous apprend que Barney Kessel s'achète sa première guitare à 12 ans et apprend l'instrument en autodidacte. La principale source d'inspiration du jeune musicien est le guitariste Charlie Christian. En 1943, il est membre de l'orchestre, dirigé par Ben Pollack, qui accompagne le spectacle de Chico Marx. Kessel se produit avec de nombreux musiciens de jazz et commence à se faire une solide réputation. Il fait partie des big bang de Charlie Barnet (1944-1945) et Artie Shaw (1945) tout en continuant une abondante carrière en studio. En 1947, Kessel rejoint la troupe du J.A.T.P. de Norman Granz et accompagne Charlie Parker lors de l'enregistrement du fameux Relaxin' at Camarillo. En 1952-1953, il accomplit une longue tournée comme guitariste du trio du pianiste Oscar Peterson. Sous le nom des Poll Winners (trio réunissant Kessel, le contrebassiste Ray Brown et le batteur Shelly Manne), il enregistre quatre albums entre 1957 et 1960 qui connaissent un franc succès. Au cours des années 70 et 80, Barney Kessel, Charlie Byrd et Herb Ellis forment un groupe, The Great Guitars, qui joue les grands standards de jazz. Kessel dit à son auditoire qu'il veut " Vous montrer la guitare sous toutes ses formes pour vous épater". Catalogué un peu hâtivement comme étant un guitariste be-bop, Barney Kessel est capable de s'adapter à tous les styles. On peut l'entendre avec des musiciens aussi différents que Louis Armstrong, Nat King Cole, Coleman Hawkins, Roy Eldridge, Lionel Hampton, Ben Webster, Woody Herman, Ben Webster, George Benson et même Ornette Coleman. Il est aussi un exceptionnel accompagnateur de chanteuses et on a pu l'entendre aux côtés de Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Anita O'Day et Julie London (c'est lui qui tient la guitare sur le tube de cette dernière, Cry me a river). Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
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vendredi 16 avril 2010
Herb, Oscar, Ella et Louis
Notre pèlerinage auprès des guitaristes de jazz ne saurait être complet sans mentionner Herb Ellis. Né à Farmersville, Texas, le 4 août 1921, il est décédé il y a seulement deux semaines à Los Angeles, le 28 mars 2010, des suites de la maladie d'Alzheimer. Ellis était une valeur sure lors des sessions d'enregistrement des studios de la côte ouest américaine dans les années 60. Le critique de jazz américain Scott Yanow l'a décrit comme "un excellent guitariste d'influence bop avec une légère note country dans le son" (an excellent bop-based guitarist with a slight country twang to his sound). En 1952, Herb Ellis rejoint le trio d'Oscar Peterson pour remplacer Barney Kessel et former ce que Scott Yanow appellera "l'un des meilleurs trios piano-contrebasse-guitare de l'histoire du jazz" (one of the most memorable of all the piano, guitar, and bass trios in Jazz history). Accompagnés du batteur Buddy Rich, ils enregistrent les deux albums célébrissimes du duo Ella Fitzgerald - Louis Armstrong, Ella & Louis en 1956 puis Ella & Louis Again l'année suivante. Le batteur Louie Bellson prend le relais de Buddy Rich sur ce dernier album. En l'absence d'un batteur dans le trio d'Oscar Peterson, c'est Ellis qui procure la fondation rythmique pour le jeu énergique du pianiste, en plus des solos de guitare. Ellis excelle tant dans ce rôle que, lors de son départ en 1958, Peterson le remplace non pas par un guitariste, mais par le batteur Ed Thigpen. En 1959 et 1960, Ellis part en tournée avec Ella Fitzgerald. Herb Ellis, un guitariste de grande classe. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
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jeudi 1 avril 2010
Rupa and the April Fishes
C'est le mois d'avril. On laisse les poissons s'envoler. Et ce poisson porte particulièrement bien son nom. Rupa and the April Fishes. Née en Californie de parents indiens, glissant aisément de l'anglais au français ou à l'espagnol, Rupa Marya, MD est médecin de jour et chanteuse de soir pour son groupe Rupa and the April Fishes. Élevée à San Francisco, puis en France et en Inde, elle réussit à mener les deux carrières de front. Une américaine à Paris Il y avait quelques jours en silence Assis près de moi dans un bistro Un monde fou entre nous Tu m’as demandé J’ai dit non, je ne suis pas américaine Un monde fou entre nous Qu’est que tu pense de tout cela? T’as voulu prendre ta photo avec moi Je ne suis pas américaine Un monde fou entre nous (Rupa Marya) Sa musique a des accents de carnaval qui ne sont pas sans rappeler les films d'Emir Kusturica et ses fanfares tziganes déjantées. Une chose est certaine, Rupa sait comment faire lever une salle en spectacle et carrément lancer la fête. Elle sera à Toronto au Luminato Festival le 19 juin prochain. Allez donc pêcher le nouvel album de Rupa, Este Mundo, ici! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
Critique CD
j’ai pas dit un mot
et puis je t’ai rencontré ici à Paris
tu viens d’Algiers
et moi je viens de San Francisco
t’as pas peur être américaine
ici à Paris
avec tous ces arabes fâchés
tu n’es pas arabe et nous ne sommes pas à Paris
de toutes ces histoires?
les histoires nous rendent fou
j’ai dit non merci, pas de photo
je préfère la vie
tu n’es pas arabe et nous ne sommes pas à Paris
nous sommes dans la vie

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lundi 29 mars 2010
Stacey Kent, Raconte-moi
La magnifique chanteuse Stacey Kent vient de faire paraître son tout nouvel album, Raconte-moi. Pour ceux qui ont aimé son dernier opus, Breakfeast On The Morning Tram, vous ne serez pas déçu. Alors que ce dernier comprenait deux chansons en français, l'album Raconte-moi est un recueil de douze chansons exclusivement en français, dont dix écrites par des compositeurs dont c'est la langue maternelle. L'amour de Stacey Kent pour le français et la France ne date pas d'hier. Son grand-père, un émigré russe, apprit le français à Stacey, lui faisant réciter des poèmes de Baudelaire avant même qu'elle ne soit en âge de comprendre ce qu'elle disait. Jeune homme, son grand-père avait fui la révolution bolchévique et passé quelques années à Paris, avant de rejoindre le reste de sa famille exilée aux États-Unis. Rencontre sophistiquée de la chanson française et du jazz vocal, les arrangements sont signés par son mari, le saxophoniste et producteur Jim Tomlinson. On y retrouve quelques classiques (Jardin d'hiver d'Henri Salvador, Mal de vivre de Barbara, les Eaux de Mars adaptée par Georges Moustaki sur la musique de Jobim) mais surtout des chansons originales signées par de nouveaux auteurs-compositeurs comme Émilie Saat, Jean-Karl Lucas, Bernie Taupère et Camille d'Avril qui injectent une bonne dose d'humour et de coquinerie convenant tout à fait au jeu de Stacey. La Vénus du Mélo À quoi tu joues beau ténébreux, avec tes yeux couleur d'automne Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano Avec tes mines et tes manières quand tu composes sans avoir l'air Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano Avec ton grand corps qui baîlle, tendre animal, beau paresseux Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano (Paroles de Bernie Beaupère) Stacey Kent sera en spectacle le 10 juin au Palais Montcalm de Québec. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
Critique CD
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Tes joues qui fondent, le ventre creux
Qu'est-ce que tu veux, Buster Keaton ?
Besoin d'amour et de tendresse, de contre-jour et de caresse
Ton petit coeur nécessiteux qui fait la manche dans mes cheveux
Qu'est-c'que tu m'veux ?
Que je t'allume, que je t'éteigne, que je te couche sur le dos
Oui mais ce soir, t'as pas de veine, je suis la Vénus du Mélo
Tes mains qui braillent et ton oeil noir et qui se pose sur mon peignoir
Cauchemard, frayeur et gros chagrin, tu as rêvé que t'était nain
Que tes espoirs étaient en feu et que l'amour n'était qu'un jeu
Qu'est-c'que tu m'veux ?
Que je t'allume, que je t'éteigne, que je te couche sur le dos
Oui mais ce soir, c'est pas la peine, je suis la Vénus du Mélo
Ton petit sourire qui trouve la faille craque le premier de nous deux
Viens si tu veux...
Que je t'allume, que je t'éteigne, que je te couche sur le dos
Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano
Que je t'allume, que je t'éteigne
Je suis la Vénus du Mélo, je suis la Vénus du Mélo.
Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone.
Publié par
Jean Francois
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