Notre pèlerinage auprès des guitaristes de jazz ne saurait être complet sans mentionner Herb Ellis. Né à Farmersville, Texas, le 4 août 1921, il est décédé il y a seulement deux semaines à Los Angeles, le 28 mars 2010, des suites de la maladie d'Alzheimer. Ellis était une valeur sure lors des sessions d'enregistrement des studios de la côte ouest américaine dans les années 60. Le critique de jazz américain Scott Yanow l'a décrit comme "un excellent guitariste d'influence bop avec une légère note country dans le son" (an excellent bop-based guitarist with a slight country twang to his sound). En 1952, Herb Ellis rejoint le trio d'Oscar Peterson pour remplacer Barney Kessel et former ce que Scott Yanow appellera "l'un des meilleurs trios piano-contrebasse-guitare de l'histoire du jazz" (one of the most memorable of all the piano, guitar, and bass trios in Jazz history). Accompagnés du batteur Buddy Rich, ils enregistrent les deux albums célébrissimes du duo Ella Fitzgerald - Louis Armstrong, Ella & Louis en 1956 puis Ella & Louis Again l'année suivante. Le batteur Louie Bellson prend le relais de Buddy Rich sur ce dernier album. En l'absence d'un batteur dans le trio d'Oscar Peterson, c'est Ellis qui procure la fondation rythmique pour le jeu énergique du pianiste, en plus des solos de guitare. Ellis excelle tant dans ce rôle que, lors de son départ en 1958, Peterson le remplace non pas par un guitariste, mais par le batteur Ed Thigpen. En 1959 et 1960, Ellis part en tournée avec Ella Fitzgerald. Herb Ellis, un guitariste de grande classe. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
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vendredi 16 avril 2010
Herb, Oscar, Ella et Louis
Publié par
Jean Francois
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mardi 13 avril 2010
Grant Green, My Favorite Things
Je vais maintenant utiliser un grand détour pour vous amener à notre destination. Vous aurez peut-être remarqué la présence de la comédie musicale dans les billets de Jazz Frisson depuis quelque temps. Alors, journée spéciale aujourd'hui, nous amorçons le parcours avec la Mélodie du Bonheur (The Sound of Music), la comédie musicale composée par Richard Rodgers sur des paroles d'Oscar Hammerstein II, dont la première fut donnée le 16 novembre 1959 à Broadway au Théâtre Lunt-Fontanne à New York. La comédie est inspirée de la biographie familiale de Maria Augusta Trapp, la famille des chanteurs Trapp. En Autriche, juste avant la Seconde Guerre mondiale, les moniales d'une abbaye à Salzbourg, chantent le Dixit Dominus (Praeludium). L'une des postulantes, Maria, est manquante: dans la montagne, elle exprime son regret de quitter ses collines (The Sound of Music). La mère-abbesse et les religieuses se questionnent sur ses fugues et sa vocation (Maria). Maria explique à la mère-abbesse qu'elle a été comme appelée par la montagne, la mère-abbesse se joint à elle pour parler de ses choses favorites (My Favorite Things). Elle lui demande alors de quitter pour quelque temps le couvent afin de mieux discerner son appel à la vie monastique. Les sept enfants du Capitaine von Trapp ont justement besoin d'une gouvernante, et Maria restera auprès d'eux jusqu'en septembre (tiré du synopsis de la version scénique présentée à Broadway en 1959). Ce qui nous amène à l'album My Favorite Things de John Coltrane paru en 1961. Coltrane est accompagné de son nouveau groupe qui inclut McCoy Tyner (piano), Elvin Jones (batterie) et Steve Davis (contrebasse). Le morceau titre est une interprétation modale du standard de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein. Cette version de Coltrane aura une influence déterminante sur l'avenir du saxophone soprano, loin des clichés liés à Sydney Bechet. En utilisant des motifs circulaires, il crée une transe similaire à celle de la musique orientale, développant ainsi une nouvelle voie d'exploration. « C'est cette My Favorite Things qui est, de tous ceux que nous avons enregistrés, mon morceau préféré. Je ne pense pas que j'aimerais le refaire d'une autre façon, alors que tous les autres disques que j'ai faits auraient pu être améliorés par quelques détails. Cette valse est fantastique: lorsqu'on la joue lentement, elle a un côté gospel qui n'est pas du tout déplaisant; lorsqu'on la joue rapidement, elle possède aussi certaines qualités indéniables. C'est très intéressant à découvrir, un terrain qui se renouvèle selon l'impulsion qu'on lui donne; c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous ne jouons pas cet air toujours sur le même tempo. » John Coltrane, Entretien avec François Postif publié par Jazz Hot en janvier 1962. Et maintenant, fin de parcours, si on peut dire, avec la suggestion de mon ami Z, le guitariste Grant Green. Green était un guitariste américain de jazz né à Saint-Louis dans le Missouri le 6 juin 1935 et décédé à New York le 31 janvier 1979. Pour cette dernière interprétation de My Favorite Things, reportons nous lors de cette séance enregistrée en 1964. On se trouve ici en présence d'un véritable morceau de bravoure. Green mérite une médaille pour avoir repris My Favorite Thing avec sensiblement la même rythmique que celle de Coltrane! Green est ici entouré de McCoy Tyner (piano), Bob Cranshaw (contrebasse) et Elvin Jones (batterie). Ensemble, ils ont gravé ce grand classique de Green, l'album Matador. Le morceau titre s'étire sur presque 10 minutes passionnantes, comme d'ailleurs presque tous les titres de cet album. L'ambiance de ce disque évolue entre Be Bop et blues/groove. C'est aussi dans cette direction que Grant Green ira, à la fin des années 60, colorant son jazz d'une bonne dose de funk. D'ailleurs, plusieurs des enregistrements de sa période funk sont des succès commerciaux et ont été samplés à de nombreuses reprises par les producteurs de hip-hop. On disait de Green qu'il avait un son très "groovy". Green, un autre de ces excellents guitaristes de jazz de la trempe des Wes Montgomery et Kenny Burrell dont je vous parlais récemment. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
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vendredi 9 avril 2010
Professeur Kenny Burrell
De Wes Montgomery, dont je parlais dans mon billet précédent, à Kenny Burrell, il n'y a qu'un pas. Je poursuis donc mon exploration des guitaristes de jazz. Wikipedia nous apprend que Kenny Burrell commence sa carrière au début des années cinquante, qu'il joue avec de nombreux jazzmen (Dizzy Gillespie, Oscar Peterson, Benny Goodman, Jimmy Smith, Stan Getz, Gil Evans, Chet Baker) et enregistre plus d'une centaine d'albums. Depuis 1978, il enseigne aussi l'histoire du jazz à l'université de Los Angeles. J'aime beaucoup son jeu qui évite la déferlante de notes pour impressionner. C'est un style très "cool" qui n'est pas sans rappeler celui de Wes Montgomery. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
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mardi 6 avril 2010
Go Wes Young Man!
J'écoute beaucoup Wes ces temps-ci. Le guitariste de jazz Wes Montgomery fut une grande influence sur plusieurs de ses successeurs. Pat Metheny a dit qu'il avait appris à jouer en écoutant l'album "Smokin' At The Half Note" paru en 1965. Joe Pass a ajouté que selon lui, " il n'y avait eu que trois véritables innovateurs dans le domaine de la guitare, Wes Montgomery, Charlie Christian et Django Reinhardt." Kenny Burrell a souligné comment c'était un honneur pour lui quand Wes lui demandait d'être son second guitariste pour une séance d'enregistrement. Finalement, Stevie Ray Vaughan, Eric Johnson, Joe Satriani, Jimi Hendrix, David Becker, Joe Diorio, Steve Lukather et Pat Martino ont tous mentionné à maintes reprises l'influence de Wes Montgomery sur leur jeu. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
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jeudi 1 avril 2010
Rupa and the April Fishes
C'est le mois d'avril. On laisse les poissons s'envoler. Et ce poisson porte particulièrement bien son nom. Rupa and the April Fishes. Née en Californie de parents indiens, glissant aisément de l'anglais au français ou à l'espagnol, Rupa Marya, MD est médecin de jour et chanteuse de soir pour son groupe Rupa and the April Fishes. Élevée à San Francisco, puis en France et en Inde, elle réussit à mener les deux carrières de front. Une américaine à Paris Il y avait quelques jours en silence Assis près de moi dans un bistro Un monde fou entre nous Tu m’as demandé J’ai dit non, je ne suis pas américaine Un monde fou entre nous Qu’est que tu pense de tout cela? T’as voulu prendre ta photo avec moi Je ne suis pas américaine Un monde fou entre nous (Rupa Marya) Sa musique a des accents de carnaval qui ne sont pas sans rappeler les films d'Emir Kusturica et ses fanfares tziganes déjantées. Une chose est certaine, Rupa sait comment faire lever une salle en spectacle et carrément lancer la fête. Elle sera à Toronto au Luminato Festival le 19 juin prochain. Allez donc pêcher le nouvel album de Rupa, Este Mundo, ici! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
Critique CD
j’ai pas dit un mot
et puis je t’ai rencontré ici à Paris
tu viens d’Algiers
et moi je viens de San Francisco
t’as pas peur être américaine
ici à Paris
avec tous ces arabes fâchés
tu n’es pas arabe et nous ne sommes pas à Paris
de toutes ces histoires?
les histoires nous rendent fou
j’ai dit non merci, pas de photo
je préfère la vie
tu n’es pas arabe et nous ne sommes pas à Paris
nous sommes dans la vie

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lundi 29 mars 2010
Stacey Kent, Raconte-moi
La magnifique chanteuse Stacey Kent vient de faire paraître son tout nouvel album, Raconte-moi. Pour ceux qui ont aimé son dernier opus, Breakfeast On The Morning Tram, vous ne serez pas déçu. Alors que ce dernier comprenait deux chansons en français, l'album Raconte-moi est un recueil de douze chansons exclusivement en français, dont dix écrites par des compositeurs dont c'est la langue maternelle. L'amour de Stacey Kent pour le français et la France ne date pas d'hier. Son grand-père, un émigré russe, apprit le français à Stacey, lui faisant réciter des poèmes de Baudelaire avant même qu'elle ne soit en âge de comprendre ce qu'elle disait. Jeune homme, son grand-père avait fui la révolution bolchévique et passé quelques années à Paris, avant de rejoindre le reste de sa famille exilée aux États-Unis. Rencontre sophistiquée de la chanson française et du jazz vocal, les arrangements sont signés par son mari, le saxophoniste et producteur Jim Tomlinson. On y retrouve quelques classiques (Jardin d'hiver d'Henri Salvador, Mal de vivre de Barbara, les Eaux de Mars adaptée par Georges Moustaki sur la musique de Jobim) mais surtout des chansons originales signées par de nouveaux auteurs-compositeurs comme Émilie Saat, Jean-Karl Lucas, Bernie Taupère et Camille d'Avril qui injectent une bonne dose d'humour et de coquinerie convenant tout à fait au jeu de Stacey. La Vénus du Mélo À quoi tu joues beau ténébreux, avec tes yeux couleur d'automne Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano Avec tes mines et tes manières quand tu composes sans avoir l'air Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano Avec ton grand corps qui baîlle, tendre animal, beau paresseux Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano (Paroles de Bernie Beaupère) Stacey Kent sera en spectacle le 10 juin au Palais Montcalm de Québec. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
Critique CD
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Tes joues qui fondent, le ventre creux
Qu'est-ce que tu veux, Buster Keaton ?
Besoin d'amour et de tendresse, de contre-jour et de caresse
Ton petit coeur nécessiteux qui fait la manche dans mes cheveux
Qu'est-c'que tu m'veux ?
Que je t'allume, que je t'éteigne, que je te couche sur le dos
Oui mais ce soir, t'as pas de veine, je suis la Vénus du Mélo
Tes mains qui braillent et ton oeil noir et qui se pose sur mon peignoir
Cauchemard, frayeur et gros chagrin, tu as rêvé que t'était nain
Que tes espoirs étaient en feu et que l'amour n'était qu'un jeu
Qu'est-c'que tu m'veux ?
Que je t'allume, que je t'éteigne, que je te couche sur le dos
Oui mais ce soir, c'est pas la peine, je suis la Vénus du Mélo
Ton petit sourire qui trouve la faille craque le premier de nous deux
Viens si tu veux...
Que je t'allume, que je t'éteigne, que je te couche sur le dos
Que je te prenne, que je t'étreigne, que je te joue sur mon piano
Que je t'allume, que je t'éteigne
Je suis la Vénus du Mélo, je suis la Vénus du Mélo.
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Jean Francois
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samedi 27 mars 2010
Blossom Dearie, La Belle Dame Sans Regret
J'espère que cette semaine sous le signe du printemps en compagnie de la sublime Blossom Dearie vous a charmé. En passant, vous vous posez peut-être la question. Blossom Dearie, est-ce son vrai nom? Oui, Marguerite Blossom Dearie pour être exact. Son père était irlandais et sa mère écossaise. Nous terminerons donc la semaine avec une chanson tirée du dernier album de Blossom, intitulé Blossom's Planet et paru sur Daffodil Records en 2000. Il faut savoir que Blossom Dearie était une femme d'affaires avisée. Avant-gardiste, elle prit rapidement le contrôle de sa carrière en créant sa propre étiquette de disques en 1974, Daffodil Records. Elle y publia 15 albums, tout en continuant de se produire dans les clubs de jazz de New York. On peut dire que Blossom mena sa vie à sa façon, selon ses termes, " sans regret "… Dansons, tu dis Je pleure, tu ris La belle dame sans regrets... (Sting) Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson.
Critique CD
Et moi, je suis
Mes pas sont gauches
Mes pieds tu fauches
Je crains les sots
Je cherche en vain les mots
Pour m'expliquer ta vie
Alors tu mens, ma Soeur
Tu brises mon coeur
Je pense, tu sais
Erreurs, jamais
J'écoute, tu parles
Je ne comprends pas bien
La belle dame sans regrets
Je chante, tu cries
Tu sèmes les graines
D'un mauvais chêne
Mon blé s'envole
Tu en a ras le bol
J'attends, toujours
Mes cris sont sourds
Alors tu mens, ma Soeur
Tu brises mon coeur
Je pense, tu sais
Erreurs, jamais
J'écoute, tu parles
Je ne comprends pas bien
La belle dame sans regrets
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