J'aime la poésie, j'en lis trop peu. J'aime le jazz vocal, tous mes lecteurs le savent. J'aime les créateurs qui ont le respect du texte. Je pense à Joni Mitchell, Norma Winstone ou Kurt Elling pour n'en nommer que quelques-uns. Et j'aime les artistes qui osent, qui font avancer la musique. La chanteuse d'origine parisienne Claudia Solal est de cette trempe. Fille du pianiste Martial Solal, formée donc à la tradition, elle mène depuis 10 ans ses expériences, accompagnée de son noyau dur, Benjamin Moussay, aux claviers. Ce dernier formait duo avec elle sur son album Porridge Days, paru en 2005, et dont je vous disais déjà le plus grand bien dans ce billet. Son dernier album est paru en avril dernier sous le sobriquet Claudia Solal Spoonbox et s'intitule Room Service. S'ajoutent à Moussay, Jean-Charles Richard (saxophones), Joe Quitzke (batterie) et Régis Huby (violons).
Claudia Solal, qui compose la plupart des paroles, invente et trifouille des histoires farfelues et éberluées. Comme ce Double Rabbit, hôtel étrange d'où l'on s'éveille de la chambre 46 avec une tête de calmars vivants et une affreuse tétine sur la joue! C'est Alice au Pays des Merveilles, mais revu par un Tim Burton en folie! Et les poèmes d'Emily Dickinson, repris par Solal dans quelques chansons, ne font qu'ajouter à l'atmosphère victorienne et délicieusement angoissante. L'improvisation musicale, résolument avant-gardiste, et puis le ton, toujours un peu décalé de Solal, font de ce Room Service une œuvre éclatée et réjouissante. Écoutez des extraits musicaux de Room Service de Claudia Solal Spoonbox en cliquant sur le Lecteur MySpace de Claudia Solal Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
Critique CD
The sky is low
The sky is low, the clouds are mean,
A travelling flake of snow
Across a barn or through a rut
Debates if it will go.
A narrow wind complains all day
How some one treated him;
Nature, like us, is sometimes caught
Without her diadem.
Emily Dickinson
vendredi 26 novembre 2010
Claudia Solal Spoonbox – Room Service
samedi 20 novembre 2010
Norma Winstone raconte des histoires
Norma Winstone, que l'on qualifie sans ambages de plus grande chanteuse de jazz britannique, nous a offert récemment un nouvel opus sous la direction de Manfred Eicher de l'étiquette ECM, l'album Stories Yet To Tell. Après avoir gagné un Grammy pour son album Distances, une délicieuse rêverie que Jazz Frisson vous présentait dans ce billet, elle est de retour avec un recueil de thèmes qui vont du médiéval au contemporain. La clarinette basse de Klaus Gesing et le piano de Glauco Venier semblent cajoler la voix de la chanteuse, le tout produit et enregistré par Manfred Eicher à Udine en 2009. Le trio s'abreuve à des références multiples, tantôt s'inspirant d'une chanson de troubadour du XIIIe siècle ou d'une berceuse arménienne, puis interprétant des thèmes de Wayne Shorter puis de Maria Schneider. Mais peu importe la matière, les trois musiciens la transforment, composant eux-mêmes la majeure partie des arrangements tandis que Norma signe la plupart des textes des chansons. Norma Winstone est une musicienne de haut niveau dont l'expression artistique et la vision sont uniques dans le monde parfois stéréotypé du jazz vocal contemporain. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
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lundi 8 novembre 2010
Carmen Souza – Protegid
Voici ma portion de vitamines pour combattre la grisaille hivernale qui s'installe doucement chez nous! Le dernier album de Carmen Souza, Protegid, paru l'été dernier sur étiquette Galilelo Music est une boisson énergétique qui mêle les multiples épices africaines et les parfums sensuels du Cap-Vert à la tradition portugaise. La chanteuse Carmen Souza est née à Lisbonne et habite maintenant à Londres. Ses parents sont originaires du Cap Vert et elle chante d'ailleurs en créole, le dialecte des îles, ainsi qu'en portugais. Sur Protegid, Souza crée des liens entre les musiques latine, africaine, arabe et le jazz. Le bassiste Théo Pas'Cal est responsable ici de l'enveloppe musicale. La grande richesse de l'instrumentation et les arrangements surprenants font de Protegid une continuelle surprise sonore. La pièce de résistance est sans doute Song for My Father de Horace Silver, lui-même originaire du Cap-Vert, reprise et transformée ici par Souza. Portée par la voix sensuelle de Souza, qui s'accompagne ici au Fender Rhodes, la pièce prend une allure presque mythique. Et après avoir entendu la version de Sodade, murmurée et caressée par Souza, vous ne pourrez sans doute plus jamais écouter l'original de Cesaria de la même façon. Carmen Souza, c'est une pincée de Billie Holiday, un soupçon de Nina Simone et un côté rebelle à la Mina Agossi. Énergisante! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
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dimanche 31 octobre 2010
Le cauchemar d'Artie Shaw
Nightmare d'Artie Shaw, 1938. Bonne Halloween! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. Jazz Fripon
mercredi 27 octobre 2010
Mina Agossi – Just Like a Lady
Mina! Jimi! Quel frisson! Voici mon frisson de bonheur, Mina Agossi et son album Just Like a Lady. Tout comme la chanteuse Youn Sun Nah dont je vous parlais dans ce billet, Mina est une artiste atypique, en constante évolution, jamais là où on l'attend. Pour Mina Agossi, "le jazz doit bousculer les tabous et ce qui est institutionnalisé. Miles Davis, aujourd'hui, s'étonnerait s'il voyait tout le monde imiter son style!" Il y longtemps que je m'intéresse au parcours de Mina. J'en avais d'ailleurs déjà parlé dans ce billet. Pour ce nouveau disque Just Like a Lady, son neuvième, Mina Agossi a décidé de rompre avec les quinze dernières années et avec la formule voix/contrebasse/batterie qui avait fait sa réputation. Elle a voulu montrer toutes les autres facettes de sa personnalité musicale, rock, chanson, électro, sans mettre de côté le jazz. D'où l'addition du guitariste et claviériste Phil Reptil, également responsable des arrangements. Au final, des morceaux comme There's a Lull in My Life de Chet Baker, reprise avec les steel drums d'Andy Narell. Une version teintée d'humour de When The Saints Go Marching In. De jolies compositions de Mina, tel ce J'aimerais tant. Et bien entendu, une reprise de Jimi Hendrix, Burning of the Midnight Lamp, parce que Mina lui rendra hommage sur chacun de ses albums. "J'ai toujours considéré que la pop des années 70, le rock psychédélique ou le travail de Jimi, étaient du jazz: tout est cohérent" avoue Mina. Quand on a compris cela, on a un peu mieux cerné Mina. Écouter Mina, c'est comme se lancer en "base jumping": imprévisible, à couper le souffle, sauvage, libre… Mina. Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. -500.jpg)
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vendredi 15 octobre 2010
L’ovni Youn Sun Nah
Voici mon frisson de bonheur de la semaine! L'album Same Girl de la chanteuse d'origine coréenne Youn Sun Nah, que Le Monde a qualifié «d'ovni enthousiasmant dans l'univers du jazz» et que j'écoute en boucle depuis la lecture du billet de mon ami Ptilou ici. Elle vient d'ailleurs de se produire au Duc des Lombards à Paris et vous pouvez lire les commentaires de Ptilou sur son concert ici. Alors, suivez mon conseil. Captez cet ovni quand il sera à votre portée. C'est une pure merveille! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. Critique CD

samedi 9 octobre 2010
L’OFF JAZZ sort dans la rue!
Pour ouvrir en beauté sa 11e édition, L'OFF JAZZ de Montréal propose pour la première fois de son histoire une animation extérieure gratuite. Les 15 et 16 octobre, le festival investit le pôle Quartier Latin du Quartier des spectacles et présente pendant deux jours une série de concerts pour faire découvrir au plus grand nombre le jazz d'ici. Ces deux journées ne sont que le début de 9 jours de programmation aux accents jazz d'ici, regroupant 30 concerts accueillis par 8 salles propices au jazz. Au programme des activités extérieures :
Vendredi 15 octobre à 12 h – Place Pasteur: Combo jazz étudiant de l'UQAM
Vendredi 15 octobre à 15 h 30, déambulation rue St-Denis et prestation Place Pasteur: Boom Jacak
Vendredi 15 octobre à 17 h, Place Pasteur: L'Orkestre des Pas Perdus
Samedi 16 octobre à 14 h 30, déambulation rue St-Denis et prestation Place Pasteur: Grüv'N'Brass
Samedi 16 octobre à 16 h, Place Pasteur: Nozen
Le festival présente des artistes hors des sentiers battus, une joie pour les amateurs. À noter que le prix des concerts est très raisonnable. On y demande même parfois simplement une contribution volontaire!. La liste des spectacles se retrouve sous l'onglet Programmation ici.
Quelques spectacles de la riche programmation ont retenu mon attention. Ainsi jeudi le 21, le prolifique Joël Miller présentera Les voix de mon coeur, audacieux mariage de son ensemble Mandala avec le choeur féminin Concerto Della Donna dirigé par Iwan Edwards. Le festival recevra cette année la visite des Ontariens David Mott et Darren Sigesmund, ainsi que la grande pianiste américaine Myra Melford lors de trois soirées très prometteuses. Mercredi le 20, Marianne Trudel et Alexandre Grogg seront merveilleusement bien entourés dans le décor intime de la Chapelle historique du Bon-Pasteur de Montréal.
Le festival se terminera le 23 octobre au Lion d'Or avec une soirée magnifique lors de laquelle deux albums seront lancés. Tout d'abord, le batteur Karl Jannuska, immigré en France depuis quelques années, viendra nous offrir ses nouvelles compositions. Il sera en compagnie, entre autres, de la talentueuse chanteuse Sienna Dahlen. La soirée se terminera par Tremblement de fer de Pierre Labbé. Des 50 musiciens du projet original, le saxophoniste a réduit son équipe à treize musiciens exceptionnels pour cette prestation. Une oeuvre décapante et pleine de vie qui viendra clore en beauté cette 11e édition de L'OFF JAZZ de Montréal! Pour avoir assisté à de précédentes éditions de L'OFF, voir mes commentaires ici, je vous le recommande vivement! Si vous lisez Jazz Frisson dans un agrégateur de nouvelles et voulez écouter tout le contenu musical que je propose, cliquez ici sur Jazz Frisson. Un billet de Jazz Frisson, votre blogue de jazz francophone. 
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